[article:css]

Texte partenaire

Articles

[article:surtitle]

Une finale marquée par l’engagement humain des créateurs de la relève

En avril s’est tenue la 47e finale nationale de Cégeps en spectacle au campus de Val-d’Or en Abitibi-Témiscamingue. Les créations originales des finalistes ont été remarquées pour la force des émotions transmises et pour leur engagement social.
[article:slider]

Alexis Brochu et Edgar Hareth sur scène lors de la finale nationale de Cégeps en spectacle. Les deux étudiants du Cégep de Thetford ont reçu le 1er prix.

Le 26 avril dernier, les dix finalistes du concours des arts de la scène se sont produits devant un public enthousiaste et participatif. Le public a été tour à tour ému et surpris par les propositions artistiques audacieuses des jeunes artistes de la relève issus du réseau collégial québécois. Les dix créations présentées, en musique, en chant, en danse et en théâtre ont été appréciées pour leur sensibilité humaine et pour leur engagement social.

Le 1er prix remporté par Edgar Hareth et Alexis Brochu du Cégep de Thetford

Les deux musiciens et étudiants en sciences de la nature ont livré une prestation alliant musique et théâtre sur le thème des conséquences humaines de la guerre. Un numéro créé entre autres « en hommage à tous ceux dont la paix n’est jamais revenue à cause de la guerre », pouvait-on lire sur l’écran géant au début de leur prestation.

Ce numéro au niveau technique très élevé a été salué par le jury pour « la synchronicité des deux musiciens, leur musicalité sensible, la mise en scène qui suscite l’émotion du public et l’osmose entre les styles musicaux ». En plus du 1er prix, assorti d’une bourse de 3000$, ils ont également remporté le prix Coup de cœur du public et une bourse de 1000$. Des bourses remises par Desjardins.

Edgar Hareth, Alexis Brochu et Valérie Ciaciello, conseillère en communication pour la Caisse Desjardins de l'Est de l'Abitibi-Témiscamingue lors de la remise des prix.

C’est le processus en entier de création d’un numéro qui est enrichissant. On s’est trompé plein de fois pour en arriver là. Il y a eu beaucoup de discussions avant de commencer à mettre notre idée en musique et sur scène. On a appris à faire confiance au processus de création. Edgar Hareth, étudiant au Cégep de Thetford

Les deux musiciens avaient comme objectif de sensibiliser le public au sujet des conséquences humaines de la guerre. « J’ai de la famille en Syrie et dans le Moyen-Orient. Depuis que je suis né, j’entends ce qui se passe aux nouvelles là-bas. Depuis que je suis arrivé au cégep, j’ai voulu sensibiliser au sujet de la guerre. Moi et Alexis on a eu l’idée de faire un numéro qui inclut le piano et le drum et qui illustrerait la guerre », explique Edgar Hareth, étudiant au Cégep de Thetford.  

Pour ce faire, les deux musiciens ont alternativement interprété des extraits de pièces musicales modernes et classiques, puis joué sur scène pour évoquer l’histoire d’un soldat mort au combat.

« Cégeps en spectacle m’a amené à essayer le théâtre. Je suis drummer dans un band et je jouais de la musique rock. C’était une découverte totale pour moi parce qu’avant je n’avais jamais essayé de jouer sur une scène. Je n’avais jamais pensé faire du théâtre avant », reconnaît Alexis Brochu, étudiant au Cégep de Thetford.

Bien plus qu’un concours, Cégeps en spectacle est un processus créatif formateur pour ceux et celles qui y participent, considèrent les deux étudiants gagnants. « C’est le processus en entier de création d’un numéro qui est enrichissant. On s’est trompé plein de fois pour en arriver là. Il y a eu beaucoup de discussions avant de commencer à mettre notre idée en musique et sur scène. On a appris à faire confiance au processus de création », explique Edgar Hareth.

Les deux récipiendaires du 1er prix considèrent que Cégep en spectacle leur a donné l’impulsion de proposer un numéro audacieux qui allie la batterie et le piano, deux instruments que l’on voit rarement ensemble. Une expérience marquante, selon eux, qui leur ouvre la voie d’une carrière artistique. « En gagnant Cégeps en spectacle, ça donne une poussée, et ça ouvre la possibilité que la musique devienne un jour notre principal métier si on y met les efforts », conclut Edgar Hareth.  

Le 2e prix décerné à la troupe de danse Carnaval du Cégep du Vieux Montréal

La troupe de danse Carnaval est composée de six interprètes et d’une chorégraphe.  Elle a été remarquée par le jury pour la recherche chorégraphique, la richesse de la structure et l’interprétation du numéro présenté. Une création sur le thème de la névrose qui n’a pas laissé le public indifférent.

« Le sujet de la pièce c’est la folie, les névroses qu’on peut vivre dans une société où ce n’est pas toujours accepté. Souvent, elles sont là. Comment on fait pour les vivre ? », questionne Maude Doublet-Viguié, chorégraphe de la troupe Carnaval, étudiante au Cégep du Vieux Montréal et à l’École de danse contemporaine de Montréal.

« Les interprètes avaient une place où elles pouvaient danser sans masque, sans avoir peur d’être folle, moche, pas comme il faut être. Dans le numéro, il y avait beaucoup d’improvisation guidée, où les danseuses avaient des contraintes d’interprétation, de musicalité et de physicalité, mais pas de contraintes de mouvements précis dans l’espace », explique la jeune chorégraphe.

Les six interprètes de la troupe de danse Carnaval sur scène lors de la finale de Cégeps en spectacle.

Les danseuses de la troupe s’accordent pour dire que Cégeps en spectacle a été une expérience enrichissante personnellement et pour leur troupe, née d’un projet chorégraphique à l’École de danse contemporaine de Montréal où elles étudient.

« Le fait de côtoyer des artistes émergents à travers le Québec, ça a nourri notre créativité. Ça m’a inspiré de voir les autres qui s’épanouissent dans ce qu’ils font », remarque Salomé Dagenais-Requesens, interprète dans la troupe Carnaval, étudiante au Cégep du Vieux Montréal et à l’École de danse contemporaine de Montréal.

Ce sont des scènes comme ça qui font qu’on se professionnalise, qu’on passe le cap, qu’on gagne confiance en nous et qu’on ose réaliser des projets artistiques. C’est super important pour nous toutes. Maude Doublet-Viguié, chorégraphe de la troupe Carnaval

Cégeps en spectacle a également permis aux jeunes danseuses de bonifier leur numéro dans le cadre d’ateliers offerts à Montréal par Raphaelle Renucci et en Abitibi par Marie-Laure Aubin, danseuses professionnelles. « En tant qu’interprète, j’ai apprécié les ateliers qu’on nous a proposés. À chaque fois, on avait des choses à travailler, les intervenants nous proposaient de nouvelles pistes, on travaillait sur les détails », relate Apple Labescat, interprète dans la troupe Carnaval, étudiante au Cégep du Vieux-Montréal et à l’École de danse contemporaine de Montréal.

Les étudiantes se disent encouragées et motivées par leur passage à Cégeps en spectacle. « Ce projet nous encourage à créer, à faire de l’art. Pour le public, c’est une occasion de découvrir des formes d’art. Ce sont des scènes comme ça qui font qu’on se professionnalise, qu’on passe le cap, qu’on gagne confiance en nous et qu’on ose réaliser des projets artistiques. C’est super important pour nous toutes », conclut Maude Doublet-Viguié.

La troupe Carnaval a reçu une bourse de 2000$ offerte par Québécor. La troupe est composée d’Apple Labescat, Magoga Machulskaya, Marissa Desjardins, Naomie Mésadieux, Nell Rossignol et Salomé Dagenais-Requesens et Maude Doublet-Viguié.

Le troisième prix a été remis à Laurence et Léo (Laurence Nadeau et Léo Édmond) du Cégep de Chicoutimi. Les artistes ont remporté une bourse de 1500 $ remise par la Fédération des cégeps.

Un cri du cœur du RIASQ

En plus des numéros des finalistes, la 47e finale nationale de Cégeps en spectacle a été marquée par un appel à l’aide inédit du Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec (RIASQ), l’organisme organisateur de l’événement.  

Lors de son allocution, Hélène Bélisle, directrice générale du RIASQ, s’est d’abord dit « fière de travailler dans un milieu qui permet à la jeunesse de s’exprimer, de se révéler, de se dépasser ».

Elle s’est toutefois révélée inquiète du manque actuel de financement dont souffre le RIASQ pour mener à bien sa mission culturelle à travers le réseau collégial. « Les fonds publics que reçoit le RIASQ n’ont pas été indexés depuis des années. Pour l’an prochain, nous sommes dans une incertitude extrême à savoir ce que nous recevrons », a-t-elle évoqué. « La limite est atteinte. Si rien ne change, il faudra faire moins avec moins. Ceux qui vont écoper, ce sont ces milliers de jeunes qui vont perdre des espaces de création et d’expression », a-t-elle déploré.  

La présidente générale a par ailleurs demandé au grand public québécois de « donner un coup de pouce au RIASQ », afin de soutenir la mission culturelle et éducative de l’organisme. Comme l’a rappelé Hélène Bélisle, les diverses activités culturelles parascolaires organisées par le RIASQ offrent non seulement à la population étudiante un accès aux arts et à la culture, mais favorise également la réussite scolaire et le bien-être chez les étudiant-e-s.

Pour faire un don au RIASQ





Infolettre Le Collégial

Soyez informés de l'actualité dans le réseau collégial. L'infolettre est publiée mensuellement de septembre à mai.

Je m'inscris


Infolettre Le collégial