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Le Cégep Limoilou veut former des leaders
Alors que la part des entreprises menant un projet d’innovation est passée de 69 % à 55 % en deux ans au Québec, le Service aux entreprises (SAE) du Cégep Limoilou lance la formation d’un jour Leader en innovation.

La question de l’innovation taraudait l’équipe du SAE depuis le « changement de paradigme avec notre principal partenaire commercial », explique Marie-Ève Gagnon, directrice du SAE et de la formation continue du Cégep Limoilou.
« Ça faisait aussi un moment qu’on entendait le ministère de l’Économie parler de retard de productivité. On voulait aider les entreprises à sortir des sentiers qu’elles empruntaient », ajoute-t-elle.
La proposition de formation en innovation de Martial Dubois est arrivée à point nommé. « On s’est dit que c’était exactement le genre de formation dont les entreprises avaient besoin pour innover davantage. »
Innover, c’est sérieux
Déjà offerte dans 15 pays, la formation a été conçue en France par Johan Claire, un spécialiste de l’innovation qui participe aux travaux internationaux de normalisation de l’ISO. Son idée : rendre accessibles aux entreprises les meilleures pratiques de gestion de l’innovation, souvent difficiles à comprendre pour les non-initiés.
Pour y parvenir, il mise sur une formule plutôt originale : le jeu sérieux.
« Depuis 30 ans, on nous dit que pour innover, il faut faire de la recherche et développement, user de créativité, exercer un leadership ou mettre en place un outil de veille stratégique », explique Martial Dubois, qui déploie la formation au Québec.
Or, aucune de ces pratiques ne constitue à elle seule une recette miracle. « La solution, c’est de mettre un petit peu de tout ça et de faire sa propre recette. »
Concrètement, qu’apprend-on dans cette formation de sept heures ? D’abord à démystifier l’innovation. « On se dit que c’est forcément une affaire de technologie, d’investissement majeur. Alors que pas forcément », explique Martial Dubois. Elle peut aussi prendre la forme de nouveaux processus ou de meilleures façons de répondre aux besoins des clients.
Place ensuite au jeu de table, avec ses cartes et ses pions. Pendant trois à quatre heures, les participants dirigent une organisation et élaborent une stratégie d’innovation. Au fil d’une année fictive, des évènements les obligent à revoir leurs décisions et à ajuster leurs priorités.
C’est là que se situe la force des jeux sérieux, selon Martial Dubois. « Le meilleur moyen pour développer sa posture en matière d’innovation, c’est d’expérimenter. Et le savoir-être, ça se développe juste en faisant les choses. »
Marie-Ève Gagnon s’est elle-même prêtée au jeu. « La formule de jeu sérieux n’est pas très répandue en formation continue. C’est ludique, mais ça permet de voir l’effet des décisions qu’on prend sur notre stratégie d’innovation. »
La journée se termine par un retour sur les apprentissages et l’identification des pratiques à mettre en place dans son organisation.


