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Le défi de mobiliser les jeunes électeurs québécois issus de l’immigration

Un peu plus de 325 000 jeunes adultes pourront voter pour la première fois au Québec le 5 octobre prochain. Parmi eux, plusieurs sont nés au Canada de parents immigrants ou y sont arrivés en bas âge avec leur famille.

Samir Bendjafer

Nesim Benabderrahmane, un étudiant de 19 ans en sciences naturelles au cégep de Bois-de-Boulogne, à Montréal, fait partie du bassin de nouveaux électeurs.

Établi au Québec avec sa famille depuis ses quatre ans, le jeune homme originaire d'Algérie réside actuellement dans le quartier montréalais multiculturel de Saint-Michel.

En entrevue avec Radio Canada International (RCI), il explique que c'est son implication communautaire au Forum jeunesse de Saint-Michel et à la Table de participation citoyenne du quartier qui lui a donné la piqûre politique.

Nesim Benabderrahmane se rappelle qu'à l'âge de 14 ans, bien avant de pouvoir lui-même voter, il avait insisté pour accompagner son père au bureau de vote pour l'aider à déterminer ses options.

Le vote demeure le moyen le plus important dont disposent les jeunes pour faire entendre leur voix et influencer les politiques publiques liées à l’éducation, à la santé, au logement et à la laïcité, explique l'étudiant.

Lorsque nous votons, nos noms sont cochés sur les listes électorales. Cela permet de savoir si la communauté maghrébine participe ou non aux élections. Lorsqu'elle est présente, elle peut faire entendre sa voix et exercer une influence politique.

Une citation de Nesim Benabderrahmane, étudiant au Collège de Bois-de-Boulogne

Pour encourager ses pairs à participer, il mise sur les réseaux sociaux.

Il s'est inspiré du mot-clic #jevoteen2026 lancé sur Instagram par une influenceuse. Puis, à l'aide de son téléphone, il a réalisé une courte vidéo (nouvelle fenêtre) pour encourager les jeunes à voter.

Portrait rapproché d'une femme.

Maélie Pelletier, étudiante à la maîtrise en science politique à l'Université Laval.

Photo : LinkedIn / Maelie Pelletier

La participation des personnes issues de l’immigration

Pour comprendre les facteurs influençant la participation électorale des personnes issues de l’immigration, Maélie Pelletier, étudiante à la maîtrise en science politique, a effectué une analyse de la littérature scientifique pour la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval.

Elle a examiné des dizaines d'études et a conclu que les immigrants votaient généralement dans une proportion inférieure à celle de l’ensemble de la population.

En entrevue avec RCI, Mme Pelletier nuance ce constat et affirme que cet écart se réduit graduellement avec les années de résidence, l’obtention de la citoyenneté et le sentiment d’être accepté dans la société d’accueil.

Elle observe une différence entre les jeunes issus de l’immigration et leurs parents.

Les jeunes issus de l'immigration s’impliquent différemment de la première génération. Ils privilégient davantage la participation sociale et non institutionnelle, comme les manifestations, les boycottages ou les actions de protestation plutôt que le seul exercice du vote.

Une citation de Maélie Pelletier, étudiante à la maîtrise en science politique à l’Université Laval

Un homme devant une vitre.

Rafik, étudiant au cégep de Maisonneuve, a voté par anticipation dans un bureau de vote pour les étudiants installé à même l'établissement.

Photo : Radio Canada International / Samir Bendjafer

Le vote des étudiants

Au Québec, le vote dans les établissements d’enseignement s’est déroulé les 25, 29 et 30 septembre ainsi que le 1er octobre derniers.

En 2022, 51 031 votes par anticipation avaient été enregistrés dans 165 bureaux de vote à travers la province. Les chiffres pour 2026 n'ont pas encore été communiqués.

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