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Une étudiante du Collège Ahuntsic termine deuxième au Marathon d'écriture intercollégial
Les 4 et 5 mars derniers, Caroline Scott, étudiante du programme d'Arts et lettres: profil Lettres, a terminé en deuxième position du 21e Marathon d'écriture intercollégial qui s’est tenu au cégep André-Laurendeau. Elle et Valerie Dezelak représentaient le Collège Ahuntsic à cet événement

Caroline Scott, étudiante en Arts et lettres: profil Lettres, gagnante du 2e prix au Marathon d'écriture intercollégial 2011
Les 4 et 5 mars derniers, Caroline Scott, étudiante du programme d'Arts et lettres: profil Lettres, a terminé en deuxième position du 21e Marathon d'écriture intercollégial qui s’est tenu au cégep André-Laurendeau. Elle et Valerie Dezelak représentaient le Collège Ahuntsic à cet événement.
Qui est-elle ?
«Je suis une personne créative et rêveuse, et t j'adore les lettres depuis toujours, explique Caroline. J'ai toujours voulu devenir auteure et je compte bien y arriver un jour, malgré qu'avec Angélik, ma petite fille de 4 ans, ce soit ardu des fois. Mais ma vie est une recette parfaite pour concocter de savoureux textes et je compte bien continuer toute ma vie !»
Durant le Marathon
C'est avec de la boisson énergisante, une tonne de bonbons et son amie Valérie que Caroline s'est présentée au Marathon. Comme elle avait déjà participé à cette épreuve l'année dernière, elle savait à quoi s'attendre : «Une heure d'écriture pour 10 min de pause, avec quelques ateliers (environ 6 ou 7) présentés par des personnes du milieu littéraire – notamment, cette année, Tristan Malavoy-Racine, éditeur du Voir, et Tricot Machine. Pendant la nuit, il y a possibilité d'une pause yoga/piscine/douche. Les jeunes doivent écrire environ 18 heures sur 24. » Pour l'étudiante en Lettres, la période la plus difficile a été de 4 h à 10 h du matin. Elle conseille à ceux qui voudraient participer à cet événement de s’inscrire à deux. «Comme ça, vous pourrez vous encourager mutuellement durant le Marathon.»
Une expérience enrichissante
Caroline a beaucoup appris de sa participation à cette épreuve. «Pour moi, c'était capital de découvrir de nouvelles choses, déclare la jeune femme. L'écriture automatique l'était aussi, sinon nous ne pouvions pas nous concentrer.» L’étudiante est heureuse d'avoir participé à deux reprises au Marathon d'écriture. Elle connaît maintenant sa force et son endurance. Cependant, le prochain concours d’écriture sera… Tout autre !
Merci aux enseignants de Lettres !
Caroline Scott affirme que le programme de Lettres l'a aidée à progresser dans la création littéraire et à améliorer son écriture. Elle remercie tous les enseignants du Collège pour leur dévouement envers les étudiants et, en particulier, Renaud Bellemare. C'est grâce à lui qu'elle a pu s'épanouir, dit-elle.
(Reportage : Abdou Saal, étudiant en Lettres)
Texte de Caroline
La lettre hurlante
Je t’écris parce que je ne sais plus les paroles accusatrices. Parce que ta haine a verrouillé mes mâchoires cette nuit-là. Tu ne le sais peut-être pas, mais tu m’as rendue muette. J’aurais aimé te dire d’arrêter. Dans l’obscurité de la chambre, j’ai voulu trouver les mots, mais ils étaient égarés dans le tremblement de mon corps, dans les dédales obscurs de mon cerveau qui paniquait. Mes lèvres se sont entrouvertes, prêtes à m’extirper n’importe quoi, un murmure, une plainte, un cri. Hélas, tu as bâillonné ma bouche de tes baisers immondes, ta langue insolente ne parlant pas la mienne. Tu m’as serrée trop fort, comme on sert les dents pour ne pas frapper. Et même si tu les as serrées bien fort, tu as frappé. Tu m’as ouverte, comme on écartèle un livre attendu, pressé de connaître mon contenu. Quels mots aurais-je pu t’apprendre à toi qui avais lu la vie avant même que je ne la connaisse ? Quelle histoire aurais-je pu raconter pour que je te fascine à ce point ? Jamais tu n’as eu à subir mon hurlement d’impuissance. Tu as tué ma voix, mais j’ai appris à écrire. Voici donc le cri que j’aurais dû émettre, cette nuit-là. Je te l’écris afin que tu puisses le réentendre une fois ou deux encore. Je veux que les lettres te crachent au visage, je te l’écris afin que toutes les femmes aphones se rappellent comment hurler. Je te l’écris pour que les mots de ton viol ne grandissent pas en moi comme un fœtus méprisable. Je t’écris mon cri pour que jamais il ne s’amenuise, pour que tu entendes, toujours, l’écho de la voix d’enfant que tu m’as dérobée.
Caroline Scott
Collège Ahuntsic


