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La langue du corridor

Rima Elkouri ; La Presse
24 mars 2011- Devrait-on obliger les élèves francophones et allophones à fréquenter le cégep français?
J'ai discuté de cette question, hier, avec des élèves du collège Champlain à Saint-Lambert, en banlieue sud de Montréal. Ce collège public est un laboratoire bien particulier. Il s'agit du seul cégep anglais du Québec fréquenté par une majorité d'élèves de langue maternelle française. L'idée d'appliquer la loi 101 au collégial y est, on s'en doute un peu, particulièrement impopulaire.

 

Rima Elkouri ; La Presse
24 mars 2011- Devrait-on obliger les élèves francophones et allophones à fréquenter le cégep français?
J'ai discuté de cette question, hier, avec des élèves du collège Champlain à Saint-Lambert, en banlieue sud de Montréal. Ce collège public est un laboratoire bien particulier. Il s'agit du seul cégep anglais du Québec fréquenté par une majorité d'élèves de langue maternelle française. L'idée d'appliquer la loi 101 au collégial y est, on s'en doute un peu, particulièrement impopulaire.

N'allez pas dire ici aux élèves francophones qu'ils sont sur la voie de l'anglicisation. «Je ne vais pas perdre ma langue parce que je suis dans un cégep anglais, m'a lancé une élève. Je crois que, depuis le début de l'année, j'ai peut-être parlé anglais une seule fois!»

Ils disent pour la plupart avoir choisi le cégep anglais pour parfaire leur bilinguisme, pour s'ouvrir des portes sur le marché du travail, pour s'ouvrir sur le monde. L'anglais, c'est un outil de plus, disent-ils. Ils continuent de parler français dans les corridors. Ce qui ne veut pas dire pour autant que le français est pour eux une langue de corridor. Ça reste leur langue, celle qu'ils parlent à la maison et dans les commerces. Peut-être est-ce différent à Montréal, disent-ils. Mais sur la Rive-Sud, on peut difficilement se faire servir en anglais.


«Au primaire et au secondaire, mes cours d'anglais étaient pourris!» a laissé tomber une élève d'origine chinoise. Elle parle français parfaitement. Mais elle aimerait aussi parfaire son anglais. À ses yeux, si on étendait la loi 101 au cégep, cela ne ferait que créer de la frustration chez les jeunes. Il vaudrait mieux, dit-elle, valoriser davantage le français en milieu de travail que d'imposer le cégep français à des jeunes majeurs et francisés.

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